Entretien avec Camille Allais, responsable de l’unité de méthanisation Lheur’Biogaz, à Fère-Champenoise (51230).
Quel est votre parcours ?
Durant mes études en lycée agricole, j’ai été amenée à réaliser un exposé sur la méthanisation, c’est ainsi que j’ai découvert ses principes et ses grandes lignes. Cette expérience m’a passionnée car elle touchait à des sujets qui me tenaient à cœur : l’environnement, la biologie et aussi l’agriculture. Après avoir obtenu mon bac, j’ai fait un DUT en génie biologique, un programme de deux ans, axé principalement sur des travaux pratiques en laboratoire et des projets de traitement de l’eau. J’ai ensuite complété mon cursus avec une Licence professionnelle en Agent de développement des agricultures et territoires (parcours ADATERR). À 20 ans, j’ai été embauchée en tant que responsable de site, poste que j’occupe depuis trois ans maintenant.
Qu’en est-il des formations ?
J’ai suivi un CS Ruma à Bar-le-Duc avec des modules de spécialisation, notamment sur l’entrée des intrants, leur gestion, les aspects réglementaires ou encore la maintenance et la gestion des digestats. J’ai réalisé des formations obligatoires de quelques jours dispensés par la Chambre d’agriculture. J’ai également obtenu le Caces, ainsi que d’autres formations utiles pour assurer la sécurité sur le lieu de travail. De nombreux stages effectués tout au long de mes études m’ont beaucoup appris, rien ne remplace en effet l’expérience pratique sur le terrain.
En quoi consiste votre travail ?
Mon rôle consiste à gérer l’ensemble de l’unité de méthanisation. Cela implique de veiller à la santé des bactéries dans les digesteurs, à effectuer des analyses en laboratoire, à planifier les entretiens sur les machines et à anticiper les pannes. Il y a également un aspect réglementaire et administratif : maintien d’un dossier ICPE conforme, traçabilité des matières entrantes et sortantes, gestion des stocks d’intrants. Un autre aspect important est la prise en compte du paramètre RED II qui concerne le bilan carbone de notre activité. Nous organisons également des chantiers d’ensilage deux à trois fois par an. Enfin, nous devons évaluer la qualité des matières pour établir les factures correspondantes.
En tant que jeune femme, a‑t-il été facile de trouver votre place ?
Je n’ai pas rencontré de difficultés particulières, tout s’étant déroulé de manière assez naturelle. En tant que jeune, il est parfois nécessaire de faire ses preuves, mais j’ai rapidement bénéficié de la confiance de mon employeur, ce qui m’a donné de la force et m’a permis de m’intégrer pleinement. Quand on se sent à sa place, on n’a pas peur. Chaque jour, je suis en contact avec des personnes bien plus âgées que moi, mais cela ne crée aucune barrière. Il est possible que certains aient eu des préjugés en me voyant arriver, mais j’ai su montrer que je maîtrisais mon métier.
Avez-vous un mot à dire aux futurs professionnels du secteur ?
C’est un métier exigeant qui demande beaucoup d’investissement mais qui est en contrepartie tellement riche et passionnant. Il y a un véritable esprit de cohésion et d’entraide qui règne entre les méthaniseurs. Ce métier me permet de mettre en pratique mes valeurs et convictions, ce qui est pour moi fondamental.