Une enveloppe de l’ordre de 200 millions d’euros est exploitée pour mener à bien des expérimentations nationales concernant le développement des véhicules autonomes, la plupart électriques.
L’expérimentation est au cœur de cette stratégie qui doit permettre à la fois de développer les usages et la connaissance de ces systèmes par les citoyens et les acteurs des territoires, et de construire le futur cadre de régulation, notamment en matière de validation de la sécurité. La France est d’ailleurs le leader mondial du transport collectif autonome grâce aux constructeurs et exploitants de navettes autonomes, capables d’expérimenter.
Des valets électriques dans un parking souterrain
À Paris intra-muros, trois programmes sont concernés. Valeo met en œuvre un système de valet électrique dans un parking souterrain de l’opérateur Indigo. Les conducteurs de 12 à 15 voitures les déposent et les récupèrent à un endroit précis, celles-ci se déplaçant de manière autonome vers ou depuis des places de stationnement. La RATP teste rive gauche, sur 14 km de voirie, un service de transport régulier ou à la demande, au moyen de deux navettes électriques et de quatre voitures particulières. Enfin, sur le territoire du bois de Vincennes, c’est l’interopérabilité entre trois navettes EasyMile et deux navettes Navya qui est étudiée dans un milieu de complexité croissante pour préfigurer une future ligne régulière de bus autonomes.
Des engins autonomes avec opérateur de supervision
En Île-de-France, PSA et Renault pilotent deux types d’expérimentations, mobilisant chacun des véhicules sur des routes à chaussées séparées pour effectuer d’une part des roulages massifs de validation de la sécurité et étudier d’autre part la circulation d’engins autonomes avec un opérateur de supervision. Nantes a lancé deux programmes différents. Dans la métropole nantaise, trois ou quatre navettes devront effectuer la jonction entre l’aéroport et le terminus de la ligne T3 du tramway, sur un parcours en site propre. Sur le secteur de Carquefou, PSA et la SNCF testent la circulation de deux véhicules autonomes de transport collectif sur l’ancienne portion ferroviaire de 7,2 km, réaménagée pour la circulation routière sans autres véhicules sur la voie.
Des navettes autonomes pour les personnes âgées isolées
Dans l’Indre, la communauté de communes Cœur de Brenne utilise sur son territoire deux navettes sur des boucles régulières d’un peu plus de 20 km destinées à fournir une réponse aux besoins de mobilité de personnes isolées en zone rurale, le plus souvent âgées.
Des droïdes Twinswheel pour livrer commerces et restaurants
La communauté d’agglomération de Sophia-Antipolis met en circulation deux navettes, depuis une station de bus à haut niveau de service vers plusieurs entreprises privées, pour le transport potentiel de 180 passagers (salariés et visiteurs) par heure. À Montpellier, le constructeur de droïdes de logistique Twinswheel a mis en service deux exemplaires de ces engins pour la livraison de produits locaux vers les commerces et restaurants du centre-ville, ou de colis, respectivement avec les entreprises Stef et La Poste. Enfin, à Toulouse, 350 passagers quotidiens vont être pris en charge par une navette autonome électrique EasyMile entre un établissement médical et son parking déporté, en remplacement d’un service effectué avec chauffeur au volant de véhicules thermiques.
Val Thorens inaugure la première navette autonome électrique quatre roues motrices au monde
Le 19 février dernier, pour la première fois, une navette autonome électrique quatre roues motrices a démarré pour une boucle dans un quartier de la station de montagne. Cette innovation, signée Navya et les autocars Bertolami, ouvre le champ des possibles de la mobilité autonome non polluante en montagne. |